12.11.2011

Déficits et dettes publics : objectifs maintenus mais ...

Le Premier ministre, François Fillon, avec l'annonce, le 7 novembre dernier, de nouvelles mesures d'économies de 7 milliards, a voulu réaffimer les engagements de la France en termes de redressement des finances publiques.
 
Mais l'hypothèse de croissance à 1% est encore trop optimiste. Ainsi la Commission européenne, qui vient de réviser ses prévisions pour la France de 2% à 0,6(*), demande à Paris, par la voix de son commissaire européen aux affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, d'annoncer sans tarder de nouvelles mesures sans quoi les engagements pour 2013 n'auraient aucune crédibilité. À 0,6%, c'est 4 milliards supplémentaires qu'il faut dénicher.

La France sous le regard de l'OCDE

Les choix budgétaire du gouvernement Français depuis 2007 , avec notamment le non-renouvellement d'un fonctionnaire sur deux ont conduit à une réduction de la dépense d'éducation comme l'illustre la dernière publication de l'ODCE, Regards sur l'éducation 2011(1). La part du produit intérieure brut (PIB) consacrée à la dépense d'éducation a baissé de 6,6 à 6,0 entre 2000 et 2008.

Alors que dans la quasi-totalité des pays membres le taux de scolarisation des 15-19 ans a cru (+9,3 points) en 1995 et 2009, la situation de la France a pour la première fois régressé (-5 points de 89 à 84 %) contre 86% en moyenne dans l'UE. En parallèle, la fréquentation de l'enseignement supérieur (taux de scolarisation des 20-29 ans) a stagné à 19% alors que les progrès ont été sensibles (+8 points en moyenne) tant au sein de l'OCDE (avec 26%) que dans l'UE (avec 27%). Les objectifs de Lisbonne qui prévoit que la moitié d'une classe d'âge décroche un diplôme de l'enseignement supérieur se sont éloignés.  Pourtant, comme le montre une nouvelle fois l'OCDE, ces dépenses sont des investissements qui nourrissent la croissance économique (un haut niveau d'éducation et de formation reste le meilleur rempart contre le chômage) et favorisent tant l'épanouissement personnel que la justice sociale.

Alors que les enquêtes PISA successives ont souligné les insuffisances du système éducatif français, il faut admettre que l'amélioration des performances de l'école n'est pas qu'une question de moyens.Toutefois,  de nombreux témoignages sur le terrain font état de la grande difficulté à pourvoir tous les postes d'enseignement à la rentrée ou à assurer les remplacements. Les restrictions ne mettent-elles pas à mal désormais la continuité et la qualité du service public d'éducation ?

(1) Publication accessible en ligne sur le site de l'OCDE, http://www.oecd-ilibrary.org/fr/education/regards-sur-l-e...